DISCOURS DE
L’HONORABLE MADELEINE MEILLEUR
MINISTRE DÉLÉGUÉE AUX
AFFAIRES FRANCOPHONES ET
MINISTRE DE LA SÉCURITÉ COMMUNAUTAIRE ET DES SERVICES CORRECTIONNELS
DANS LE CADRE DE
La remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur
Ambassade de la France
Ottawa (Ontario)
LE VENDREDI 30 MARS 2012
18H00
Nombre de mots : 684 mots
Durée : 7 minutes
Monsieur l’Ambassadeur (Philippe Zeller)
Madame Zeller
Chefs de mission diplomatiques, Excellences,
Membres du Conseil privé de la reine pour le Canada (M. Jean-Jacques Blais, l’Hon. Mauril Bélanger),
Chers collègues et amis de la Francophonie
Bonsoir.
Je vous remercie bien sincèrement, monsieur Zeller, pour vos propos généreux à mon égard et pour cette belle remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur de la France.
Votre accueil chaleureux démontre l’appui que vous accordez, vous-même, Monsieur l’Ambassadeur, à l’avancement de la Francophonie en Ontario et dans l’ensemble de notre pays.
Votre accueil me touche beaucoup, également, parce qu’il est à l’image des relations entre la France et le Canada.
Et notre relation n’est pas que de nature culturelle. La France et l’Ontario collaborent de près dans les sphères politiques, commerciales et éducationnelles.
Merci beaucoup.
Vous avez parlé de mon village natal et de ma famille à Kiamika.
Je vous en félicite, parce qu’il n’est pas facile de retracer ce petit village de quelques centaines d’habitants sur une carte géographique. Plus souvent qu’autrement, mon village n’y paraît pas.
Mais la mention de Kiamika est, en effet, importante pour les raisons familiales que vous avez mentionnées.
Mes parents ont toujours cru en l’engagement pour le bien commun et l’avancement de notre communauté. D’ailleurs, ma mère est fière récipiendaire de la médaille du Lieutenant gouverneur pour ses 74 ans de bénévolat à l’église.
Que ce soit au niveau politique, social ou religieux, ils ont toujours fait valoir la responsabilité qui nous incombe comme citoyens, dès le jour où l’on devient conscient des privilèges que nous accorde la société canadienne.
S’il y a une source à mon engagement politique et social, c’est bien cette inspiration et ce sens du devoir que mes parents nous ont enseignés et légués.
J’en profite donc pour saluer les membres de ma famille qui sont présents ce soir. Et mon conjoint qui m’appuie contre vents et marées.
Je dois vous dire que les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur que vous venez de me remettre leur appartiennent autant qu’à moi.
Monsieur l’Ambassadeur, la France reconnaît depuis 1802 l’importance de souligner ce que chaque citoyen et ce que tout citoyen peut contribuer à l’avancement de son pays et du monde francophone.
Ce citoyen peut venir de la Corse natale de Bonaparte, comme il peut venir de Paris, Abidjan ou de Kiamika.
Ce qui comptait pour la France du début du XIXè siècle, c’était l’importance d’affirmer que chaque citoyen engagé méritait une reconnaissance.
Bien au-delà de mon humble action politique et sociale, il me semble que cette reconnaissance est au cœur même de la démocratie moderne.
Chaque fois que la France remet les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur, la France encourage la participation citoyenne dans les institutions démocratiques de son pays et de la Francophonie internationale.
Pour nous francophones de l’Ontario, vous l’avez bien compris, la participation citoyenne a toujours été et demeure encore une question de survie.
Nous avons accès à l’éducation en langue française parce que nos grand mères francophones du début du XXème siècle se sont levées et ont participé aux débats publics sur l’éducation.
Vous l’avez dit, monsieur l’Ambassadeur, nous avons des soins de santé en français en Ontario parce que les citoyens se sont rassemblés autour du projet Montfort pour réclamer leurs droits à la santé en français.
Nous avons des tribunaux de justice en français ici, parce que les organismes communautaires l’ont exigé en participant aux débats sur le plein accès à la justice.